GAZA : TRUMP RELANCE SON PLAN, NETANYAHU FAIT BARRAGE

Jared Kushner et Donald Trump au cœur des négociations américaines pour un plan de paix à Gaza, face au blocage de Benjamin Netanyahu.


Par la rédaction CFinfo9 | 14 août 2026

Temps de lecture : 5 min | Catégorie : International

EN BREF

Washington tente de remettre sur les rails son plan pour Gaza. Jared Kushner doit se rendre en Israël puis en Égypte la semaine prochaine avec des responsables du « Board of Peace » pour pousser à la mise en œuvre du projet américain. Mais l’initiative se heurte à un obstacle majeur : le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu refuse un retrait israélien tant que le Hamas n’est pas complètement désarmé.

WASHINGTON VEUT ÉVITER L’ENLISEMENT

La diplomatie américaine remet Gaza au centre de son agenda.

Jared Kushner, proche conseiller de Donald Trump et l’un de ses principaux négociateurs sur les dossiers internationaux, doit se rendre en Israël dimanche avant de poursuivre sa mission au Caire. Il sera accompagné notamment de Nickolay Mladenov et de Tony Blair, deux responsables associés au « Board of Peace ».

L’objectif est clair : transformer un accord politique fragile en mécanisme concret de mise en œuvre.

Après des mois de guerre, de déplacements massifs et de destructions, Washington cherche à empêcher que le processus de cessez-le-feu ne se transforme en nouvel enlisement.

LE PRINCIPAL BLOCAGE VIENT D’ISRAËL

Le problème est que le gouvernement israélien n’accepte pas la séquence proposée par Washington.

Le plan américain prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait progressif des forces israéliennes et la mise en place d’une force internationale de stabilisation, avec à terme une nouvelle structure palestinienne chargée de l’administration civile de Gaza.

Benjamin Netanyahu affirme au contraire qu’Israël ne doit pas se retirer de Gaza avant que le Hamas soit complètement désarmé.

Cette différence paraît technique, mais elle constitue en réalité le cœur du blocage.

Washington envisage un processus progressif dans lequel retrait et désarmement avanceraient parallèlement. Netanyahu exige d’abord une garantie sécuritaire beaucoup plus forte.

LE HAMAS A ACCEPTÉ… MAIS SOUS CONDITIONS

Le Hamas a, de son côté, exprimé un soutien conditionnel au plan américain.

Cette position ne signifie toutefois pas que toutes les difficultés sont réglées.

Le désarmement du mouvement constitue l’un des points les plus sensibles de l'accord. Pour le Hamas, une remise des armes sans garanties concernant le retrait israélien et l'arrêt des opérations militaires serait difficilement acceptable.

Le plan américain tente donc de résoudre un problème presque insoluble : comment obtenir le désarmement du Hamas tout en convainquant Israël de retirer progressivement ses forces ?

L’ÉGYPTE DEVIENT ESSENTIELLE

Le déplacement de Kushner au Caire n’est pas secondaire.

L’Égypte joue un rôle central dans les discussions sur Gaza, notamment en raison de sa frontière avec l’enclave et de son rôle historique de médiateur entre Israël et les Palestiniens.

À Cairo, la délégation américaine doit également rencontrer des médiateurs provenant notamment d’Égypte, du Qatar et de Turquie.

Washington cherche ainsi à réunir autour de la même table les principaux acteurs capables d'influencer les prochaines étapes.

GAZA APRÈS LA GUERRE : LE VRAI DÉFI

Derrière la question du cessez-le-feu se trouve une interrogation encore plus importante : qui gouvernera Gaza après la guerre ?

Le projet américain prévoit une administration palestinienne composée de technocrates ainsi qu’un dispositif international de stabilisation.

L’idée est de créer une période de transition permettant de rétablir les services essentiels, sécuriser le territoire et lancer la reconstruction.

Mais cette architecture reste extrêmement difficile à appliquer sur le terrain.

Il faudra déterminer qui contrôlera la sécurité, qui financera la reconstruction, quelles seront les garanties pour Israël et quelle place les Palestiniens eux-mêmes auront dans la gouvernance du territoire.

LA VIOLENCE MENACE ENCORE LE PROCESSUS

La diplomatie avance, mais la réalité sur le terrain reste fragile.

Jeudi, deux Palestiniens ont été tués dans des frappes israéliennes à Gaza, selon des sources médicales citées par Reuters. Ces incidents sont intervenus alors que les opérations militaires israéliennes avaient été réduites sous la pression américaine.

Ces nouveaux morts rappellent une réalité essentielle : un accord politique ne suffit pas si la trêve reste constamment exposée à une reprise des hostilités.

Chaque nouvelle frappe complique les négociations et renforce la méfiance entre les parties.

NETANYAHU SOUS PRESSION POLITIQUE

La position de Netanyahu doit également être replacée dans le contexte politique israélien.

Le Premier ministre se prépare à des élections prévues en octobre et fait face à une situation politique délicate. Son refus d’accepter immédiatement le calendrier américain pourrait donc être influencé à la fois par des considérations sécuritaires et par sa volonté de préserver le soutien de sa coalition.

Pour Trump, le calcul est différent.

La Maison-Blanche veut obtenir une avancée visible sur Gaza et démontrer que son initiative peut produire des résultats diplomatiques concrets.

Le déplacement de Kushner constitue donc un test direct de l’influence américaine sur Netanyahu.

UN MOMENT DÉCISIF POUR TRUMP

La mission de Kushner pourrait déterminer la prochaine étape du dossier.

Si Washington obtient des concessions israéliennes, le plan pourrait progressivement entrer dans sa phase opérationnelle.

Si Netanyahu maintient son refus, le projet risque de rester bloqué malgré le soutien conditionnel du Hamas.

Le véritable enjeu sera donc de trouver une formule permettant aux deux camps de revendiquer une victoire politique sans compromettre l’objectif central : empêcher une nouvelle guerre à grande échelle.

À RETENIR

  • Jared Kushner doit se rendre en Israël puis en Égypte la semaine prochaine.

  • Washington veut relancer son plan pour Gaza.

  • Le projet prévoit notamment le désarmement du Hamas et un retrait progressif israélien.

  • Le Hamas a donné un soutien conditionnel au plan.

  • Benjamin Netanyahu refuse un retrait avant le désarmement complet du Hamas.

  • L’Égypte, le Qatar et la Turquie restent impliqués dans les efforts diplomatiques.

  • La violence persiste malgré le cessez-le-feu fragile.

  • L’avenir politique et sécuritaire de Gaza reste totalement incertain.

CONCLUSION

La prochaine mission de Jared Kushner pourrait devenir l’un des moments diplomatiques les plus importants de la crise de Gaza.

Washington dispose désormais d’un plan, d’un mécanisme diplomatique et d’un calendrier. Mais il lui manque encore l’élément le plus difficile : obtenir l’accord politique d’Israël sur les modalités du retrait.

Le défi de Trump est donc considérable.

Convaincre Netanyahu sans perdre le Hamas, organiser le désarmement sans provoquer une nouvelle guerre et préparer la reconstruction sans marginaliser les Palestiniens : c’est l’équation que Washington tente désormais de résoudre.

© CFinfo9

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